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Selly Raby Kane (SRK) : « J’adore les vieilles Mercedes Baol-Baol »

Selly Raby Kane (SRK)

C’est avec le sourire qu’elle nous reçoit chez elle, dans le quartier de Sacré-Coeur à Dakar. Le regard caché par des lunettes rondes légèrement fumées, un chapeau noir vissé sur la tête. Remarquée dès ses premières apparitions sur la scène artistique sénégalaise en 2008, Selly Raby Kane est aujourd’hui une styliste affirmée. Sa marque de prêt à porter SRK est portée de Paris à Alger, de New-York à Cape Town… Dans cet entretien, la jeune styliste aborde l’actualité de sa marque et jette un regard sur l’avenir de la mode africaine. Elle évoque l’importance pour les jeunes stylistes d’être soutenus comme elle l’est depuis ses débuts par un pool de mécènes, dont la Sénégalaise de l’Automobile. Et si elle ne conduit pas encore de voitures, elle avoue être passionnée par les voitures de collection, notamment par les Mercedes « Baol-Baol ».

La Sénégalaise de l’Automobile (LASA) : Vous avez présenté en 2014 « Alien Cartoon » dans l’enceinte de la Gare Ferroviaire de Dakar. La collection présentée a-t-elle imposé le choix du lieu du défilé ou fonctionnez-vous au coup de coeur ?

SRK : Je fonctionne beaucoup au coup de coeur et à l’instinct. Pour Alien Cartoon, nous cherchions un lieu. Je dis « nous » parce que nous fonctionnons en collectif. Nous marchions en centre-ville et nous avons vu la gare. C’était comme une évidence. Elle a une certaine stature. Nous nous sommes dit qu’il fallait absolument qu’on le fasse là. On en a profité pour créer la pétition pour sa réhabilitation. C’était aussi l’occasion de remettre la lumière intérieure sur ce bâtiment et faire en sorte que ceux qui n’y sont jamais entrés sachent que c’est un endroit qui peut être un lieu de vie.

Défilé "Alien Cartoon" by SRK - Gare ferroviaire de Dakar - Mai 2014

LASA : Préparez-vous en ce moment une nouvelle collection ? Pouvez-vous nous dire quelles en seront les grandes lignes ?

SRK : Je ne peux pas trop en dire pour le moment. C’est encore un brouillard de différentes inspirations. Je suis à un carrefour. Je dois me décider sur les voies que je prends. Je pense que ce sera résolument tourné vers l’Afrique, vers les coiffures. J’ai bien envie de retourner à l’architecture, la bijouterie, aux coiffes ancestrales.

LASA : C’est quoi la journée-type de SRK ?

SRK  : Une journée-type c’est d’abord l’atelier qui est juste derrière la maison. Faire le point sur les commandes en cours, consulter mes mails parce que je reçois beaucoup de demandes en ce moment. Notamment de musées, de personnes qui ont vu Alien Cartoon et qui veulent des pièces. J’ai commencé à développer d’autres activités de set design (décoration d’intérieur) pour d’autres entreprises et d’autres artistes. Généralement, ma journée est coupée en deux : mes projets et les projets des autres dans lesquels je suis impliquée. (…) Je travaille également à l’ouverture de mon premier point de vente à Dakar. C’est une grande aventure qui commence pour la marque et je pense qu’on va faire à la fois un point de vente et un endroit évènementiel, où les produits d’autres créateurs pourront être hébergés. Un vrai lieu de vie qui correspond à notre vision alternative.

LASA : Entre les nombreuses fashion-weeks africaines à travers le monde, l’engouement pour les tissus africains, le stylisme made in Africa continue son développement. Pourtant on a l’impression que la structuration de l’industrie de la mode reste très lente dans beaucoup de pays. Comment l’expliquez-vous ?

SRK : C’est lent mais ce n’est pas nous qui pouvons faire en sorte que les choses changent. Nous n’en avons pas les moyens. Ce sont des ambitions qui doivent être portées à l’échelle nationale. Il faut pousser le secteur de la confection, nouer des partenariats avec des pays qui sont déjà avancés dans ce domaine comme le Maroc, la Chine… et faire en sorte que leur savoir-faire industriel puisse être implanté ici de façon durable. Pour que ça marche, il faut une impulsion d’en haut.

LASA : Une impulsion de l’Etat ?

SRK : Oui. C’est l’Etat qui doit décider parce que l’évidence est là. On voit bien qu’il y a une émulation autour de la mode. A chaque coin de rue il y a une confection, les gens cousent. C’est à eux d’investir.

LASA : Vous avez été soutenue dès vos débuts et il vous faut probablement l’être encore pour développer pleinement votre marque. Un pool de mécènes a été créé pour vous accompagner. Parmi ces mécènes, il y a la Sénégalaise de l’Automobile. Comment est né ce partenariat ?

Défilé "Be Street"-Showroom de la Sénégalaise de l’Automobile

SRK : Je pense que la Sénégalaise de l’Automobile y a cru dès le premier projet que nous leur avons présenté et ça se poursuit dans la durée. Ce n’est pas juste un appui ponctuel, c’est également un appui en termes de vision, de construction d’un projet d’entreprise créatif. C’est ce qu’il y a de plus intéressant et qui nous donne une alternative à l’accès au financement classique. Malheureusement, nous qui sommes jeunes et dans des métiers créatifs, nous ne sommes pas toujours des interlocuteurs crédibles aux yeux des banques.

C’est important d’avoir des privés qui y croient, qui adhèrent à notre vision. Dans ce sens-là, la Sénégalaise de l’Automobile est un soutien particulier.

LASA : Il y a eu notamment votre défilé en 2012 dans le showroom de la Sénégalaise de l’Automobile…

SRK : Avant ça il y a eu notre premier défilé « Africa Rocks » en 2010. Ils ont été les premiers à nous soutenir. Ce ne sont pas des soutiens anonymes. C’est parce qu’ils y croient qu’ils le font. Dans une projection et dans la compréhension d’un potentiel.

LASA : Qu’est-ce qui motive à vos yeux le soutien des mécènes aux jeunes entrepreneurs créatifs ?

SRK : Je pense que c’est important pour les d’entreprises de s’impliquer dans des projets de jeunes entrepreneurs. Ce qui est encore plus gratifiant pour elles, c’est de voir que les gens qu’ils soutiennent développent leurs activités.

LASA : Voyez-vous des choses communes à l’univers de la mode et à celui de l’automobile ?

SRK : Designer, dessiner une chose et la voir prendre corps est sans doute un point commun. Ça doit être fascinant pour les designers de voiture de voir leurs bébés prendre vie et être vendues partout à travers le monde. Personnellement je me souviens des conditions dans lesquelles je dessine certaines pièces. Quand je les vois portées, c’est une grande satisfaction. Ça fait partie des choses qui sont nourrissantes. LASA : Est-ce que vous conduisez une voiture ?

SRK : Non, mais je compte m’en acheter une bientôt.

LASA : Une marque en particulier ?

SRK : J’aime bien les voitures de collection, en particulier les Mercedes. J’adore les vieilles Mercedes, un peu « Baol-Baol ». J’adore les formes « Boxy » de ces voitures.

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Pour suivre l’actualité de SRK, consultez son site : www.sellyrabykane.com
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